C’est une belle alchimie, qui allie presse écrite mais aussi audiovisuelle, bouche-à-oreille, libraires voire jurys littéraires. Et qui peut faire des étincelles. Ce cercle vertueux, Karine Tuil le vit ces jours-ci avec son roman La Guerre par d’autres moyens, publié chez Gallimard, qui, à peine paru, a reçu un concert de louanges (auquel nous adhérons) de Libération à Paris Match en passant par Le Figaro ou encore La Grande Librairie (France 5) et France Inter. Résultat, la romancière de 52 ans trône sur notre podium des meilleures ventes – à une époque, on appelait cela “avoir la carte”. Il est vrai que l’auteure de La Décision (2022) et des Choses humaines, prix Interallié et prix Goncourt des lycéens 2019, a tout pour plaire, entre sa télégénie, son style, fluide, et l’opportunité de ses thématiques.Ici, elle aborde le pouvoir, le cinéma, l’âge, les addictions et l’amour, à l’aune du temps qui passe et qui étiole, irrémédiablement. Ainsi de Dan Lehman, président de la République sortant tout juste battu par une femme d’extrême droite, et qui s’enfonce dans l’alcool ; de sa femme, Hilda, une actrice allemande de 43 ans et de vingt ans sa cadette, qui a mis sa carrière entre parenthèses et qui peine à retrouver des rôles, ou encore de Marianne, l’ex-épouse de Dan, une romancière de 58 ans, que celui-ci, lassé de sa comédienne, voudrait bien aujourd’hui “récupérer”. Du prix à payer de la notoriété… D’autres, en cette rentrée si riche en auteurs confirmés, notamment chez Gallimard, ne bénéficient pas (plus) de cette attention tous azimuts. Aussi, au cas où, parlons ici du très beau récit de Jean-Noël Pancrazi, Quand s’arrêtent les larmes, l’un de ces textes emblématiques du Prix Médicis 1990 (Les Quartiers d’hiver), festival de longues phrases chaloupées baignées par son temps de prédilection, l’imparfait. C’est à sa “petite sœur adorée”, Isabelle la cinéphile, qu’il consacre l’essentiel de cette nouvelle plongée parmi les siens et les êtres aimés ; Isabelle, qui ne lui a jamais reproché de l’avoir dépossédée de sa mémoire, “d’avoir raconté à sa place les paysages, les parents, les Aurès, l’Algérie, le retour”, Isabelle avec son cancer du sein et ses séances de radiothérapie puis de chimio, qu’il est venu soutenir, à Perpignan, lui, qui se bat aussi pour conserver ses défenses immunitaires.Né à Sétif (Algérie) en 1949, l’auteur a connu son premier exil à l’âge de 13 ans. Depuis, il a appris à partir, à être quitté. De ces séparations, il n’en veut plus, d’où son bel attachement pour Isabelle, mais aussi pour Driss, le guide de Marrakech, deux êtres auxquels il consacre ici des pages lumineuses.
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Author : Marianne Payot
Publish date : 2025-03-31 09:00:00
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