* . * . . .

C’est un caillou dans la chaussure de Donald Trump. De ceux qui travaillent au respect et à l’application stricte des lois. Ces dernières années, James Boasberg, juge à la Cour fédérale du district de Washington nommé par Barack Obama et confirmé à l’unanimité, a eu à travailler sur plusieurs affaires, parmi les plus médiatisées, impliquant Donald Trump, sous son statut actuel de président comme d’ancien président.La dernière date de cette semaine. Ce mercredi matin, le 26 mars, James Boasberg a été sélectionné, selon la procédure habituelle de sélection aléatoire parmi 24 juges du district de Columbia, pour présider le dossier du Signal Gate. L’affaire, qui secoue Washington depuis lundi, a été révélée par un journaliste du magazine The Atlantic, intégré par erreur à un groupe de discussion sur l’application chiffrée Signal, où les plus hauts responsables de l’administration (CIA, vice-présidence, Pentagone) ont évoqué des opérations militaires imminentes des Etats-Unis contre les rebelles houthis du Yemen. Le jeudi 27 mars, le juge James Boasberg, surnommé “Jeb”, a ordonné au gouvernement de Donald Trump de conserver les messages de la conversation dans laquelle les lieutenants du président américain parlaient de frappes militaires à venir dans ce qui semble être une spectaculaire faille de sécurité. Le juge a en outre demandé à l’exécutif américain de montrer d’ici lundi qu’il avait “pris des mesures pour une telle conservation”.Menace de destitutionUne injonction qui ne plaît guère à l’administration Trump et au président lui-même. Jeudi matin, sur son réseau Truth Social, Donald Trump a violemment attaqué le juge Boasberg, l’accusant, à tort, de s’être saisi seul d’une “quatrième affaire Trump ce qui est, statistiquement, IMPOSSIBLE”, mais aussi de souffrir d’un “Massive Trump Derangement Syndrome” et de présenter des “conflits familiaux disqualifiants”, qu’il n’a pas précisés. Il a aussi appelé à “immédiatement enquêter sur ce système truqué” de nomination des juges.Jeudi soir, c’était au tour de Pam Bondi, la procureure générale des Etats-Unis, soit l’équivalent de notre ministre de la Justice, d’annoncer refuser qu’une enquête soit ouverte. Elle a même déclaré sur la chaîne Fox News que le juge Boasberg devait être retiré de l’affaire Signal et de toute autre concernant les pouvoirs de Trump. “De nombreux juges doivent être démis de leurs fonctions”, a-t-elle dit lors d’une interview dans l’émission “The Ingraham Angle”. Mardi, le député républicain du Texas, Brandon Gill, a par ailleurs déposé un article de mise en accusation contre le juge Boasberg, l’accusant d’abus de pouvoir en outrepassant son autorité et en interférant avec les prérogatives constitutionnelles du président.L’attribution de l’affaire du Signal Gate au juge “Jeb” intervient par ailleurs deux jours seulement après que l’administration Trump, dans l’affaire des expulsions de Vénézuéliens, a invoqué le privilège des “secrets d’Etat” pour refuser de partager des détails sur le calendrier des vols d’expulsion vers le Salvador, souligne le site Politico. Ces derniers jours, le juge Boasberg et sa cour se en effet retrouvé au cœur du conflit sur l’application des lois migratoires avec l’administration Trump.Conflit sur l’application des lois migratoiresLe week-end dernier, l’administration Trump a envoyé trois avions transportant 238 migrants vénézuéliens vers le Salvador, alors même que le juge Boasberg avait ordonné l’arrêt des déportations et le retour des avions. Peu avant ces expulsions, Donald Trump avait signé un décret invoquant le “Alien Enemies Act” (la loi sur les ennemis étrangers) de 1798, qui donne au président le pouvoir d’expulser les citoyens de toute nation étrangère en guerre avec les Etats-Unis ou en situation d’invasion. Donald Trump a justifié ces déportations en accusant les migrants d’être des membres de “Tren de Aragua”, un gang vénézuélien qu’il a accusé de “mener une guerre irrégulière contre le territoire des Etats-Unis, directement ou sous les ordres, clandestins ou non, du président Nicolás Maduro du Venezuela”. Cette loi de 1798 sur les “ennemis étrangers” avait jusqu’alors été utilisée uniquement pendant la guerre anglo-américaine de 1812 puis pendant les deux Guerres mondiales, notamment à l’encontre des ressortissants japonais et allemands en territoire américain.Le 15 mars, le juge James Boasberg, avait ainsi suspendu les expulsions fondées sur cette loi, une décision dont l’administration Trump a fait appel. “L’expulsion accélérée d’un étranger dans la foulée de la notification du gouvernement l’informant qu’il est visé par la loi sur les ennemis étrangers, sans lui offrir l’occasion de quitter de lui-même le territoire ou de contester cet ordre, est illicite”, a-t-il déclaré. Le juriste représentant le gouvernement, Drew Ensign, a qualifié la décision du juge Boasberg d'”énorme intrusion sans précédent dans les prérogatives du pouvoir exécutif”, lui reprochant notamment d’avoir ordonné, en vain, que les avions ayant déjà décollé rebroussent chemin.”Les juges progressistes s’immiscent dans notre gouvernement””Nous avons un juge fédéral non élu qui tente de contrôler les politiques étrangères, notamment l’Alien Enemies Act, qu’il n’a aucune vocation à appliquer. Et il y a 261 raisons pour lesquelles les Américains sont plus en sécurité aujourd’hui : c’est parce que ces personnes ont quitté le pays”, a déclaré mercredi la procureure générale Pam Bondi sur Fox News. James Boasberg, a-t-elle soutenu, “est le symbole des défaites de l’administration Trump devant les tribunaux”. “C’est une habitude chez ces juges progressistes”, a-t-elle ajouté. “Ce juge n’avait aucun droit de faire cela. Ils s’immiscent dans les affaires étrangères, ils s’immiscent dans notre gouvernement, et la question est de savoir pourquoi un juge tente de protéger des terroristes qui ont envahi notre pays au détriment de citoyens américains”.Avant ces deux affaires, le juge “Jeb”, qui a siégé pendant environ neuf ans au tribunal municipal de Washington D.C. avant d’être promu à la magistrature fédérale par le président Obama et confirmé à l’unanimité par le Sénat en 2011 a eu à traiter plusieurs affaires polarisantes impliquant Donald Trump. Au cours des deux dernières années, il a été juge en chef du tribunal fédéral de district, un mandat qui a couvert deux des enquêtes fédérales, aujourd’hui closes, sur Donald Trump. En outre, James Boasberg a rendu une décision ordonnant à l’ancien vice-président Mike Pence de témoigner devant un grand jury dans le cadre d’une enquête spéciale sur Donald Trump et l’assaut contre le Capitole américain le 6 janvier 2021. En 2016, il avait aussi ordonné au FBI de publier près de 15 000 emails appartenant à Hillary Clinton, ancienne sénatrice et candidate à la présidence, rappelle The New York Times. Il avait toutefois rejeté les poursuites visant à contraindre le département d’Etat à récupérer davantage de ses correspondances, ce qui avait contrarié Donald Trump, alors candidat à la présidence face à la démocrate.



Source link : https://www.lexpress.fr/monde/amerique/qui-est-james-boasberg-le-juge-qui-defie-donald-trump-sur-plusieurs-dossiers-WZQOXZCZENEI3GSPU6YBNAMKU4/

Author :

Publish date : 2025-03-29 13:00:00

Copyright for syndicated content belongs to the linked Source.

Exit mobile version

.. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Erreur : SQLSTATE[HY000] [2002] Connection refused