L’Express

RN : Emmanuel Macron donne sa définition de « l’arc républicain »

Le président Emmanuel Macron aux Invalides, le 5 janvier 2024 à Paris




Aucune figure de la résistance communiste, et a fortiori aucun résistant étranger, n’avait eu droit jusqu’ici à cet honneur, contrairement à la résistance gaulliste, avec la panthéonisation dès 1964 de Jean Moulin. Et de ce fait, le président de la République Emmanuel Macron estime que le Rasssemblement national devrait s’abstenir d’assister mercredi à la cérémonie d’entrée au Panthéon du résistant communiste étranger Missak Manouchian, dans une interview au quotidien L’Humanité mise en ligne dimanche 18 février. »Les forces d’extrême droite seraient inspirées de ne pas être présentes, compte tenu de la nature du combat de Manouchian », a déclaré le chef de l’Etat. »Comme pour l’hommage à Robert Badinter dont les élus du RN étaient absents », à la demande de la famille de l’ancien garde des Sceaux, « l’esprit de décence, le rapport à l’histoire devraient les conduire à faire un choix », a fait valoir Emmanuel Macron. « Mais je ne vais pas, moi, par un geste arbitraire, en décider », a-t-il ajouté, estimant que son « devoir est d’inviter tous les représentants élus par le peuple français » sans avoir à « faire le tri entre eux ».Le RN ou Reconquête pas dans l’arc républicainDans cet entretien, Emmanuel Macron est revenu sur le débat qui traverse la majorité présidentielle autour de l’intégration – ou non – du Rassemblement national dans « l’arc républicain ». Début février, le Premier ministre Gabriel Attal y avait inclus le RN et plus généralement toutes les forces représentées à l’Assemblée, arguant que derrière ces partis, il y a « des millions de Français qui ont voté ». »L’Assemblée nationale accueille toutes les forces élues par le peuple. Est-ce que toutes adhèrent à la République et ses valeurs ? Non. C’est aussi vrai pour des groupes d’extrême gauche », a considéré de son côté Emmanuel Macron, visant « certaines personnalités de la France insoumise » qui, « par leurs positions », « combattent les valeurs de la République ». »Même si je ne pose pas d’équivalence entre les deux extrêmes. Je n’ai jamais considéré que le RN ou Reconquête s’inscrivaient dans l’arc républicain », a-t-il précisé.Le chef de l’Etat assure au passage s’être fixé un principe concernant les députés RN : « que les textes importants ne devaient pas passer grâce à leurs voix. Ce distinguo suffit à dire où j’habite ». »Je n’ai pas l’esprit de défaite »Interrogé sur les chances de Marine Le Pen d’accéder au pouvoir en 2027, Emmanuel Macron, qui ne pourra pas se présenter de nouveau, assure : « je n’ai pas l’esprit de défaite ». « Le sentiment de perte de contrôle alimente le RN. Beaucoup de ses électeurs considèrent l’Europe comme un monde trop ouvert, trop compliqué. Donc la formule magique serait le retour au nationalisme », constate le chef de l’Etat. »La désindustrialisation comme le sentiment de déclassement ont nourri l’extrême droite. Nous avons commencé à y répondre avec la baisse du chômage et le début de la réindustrialisation. C’est un long processus », plaide-t-il.Il défend la suppression du droit du sol à MayotteEmmanuel Macron a également défendu sa proposition controversée de réviser la Constitution pour supprimer le droit du sol à Mayotte car il faut « casser le phénomène migratoire » sur l’île « au risque d’un effondrement des services publics ». « Il est légitime de poser cette question car les Mahorais souffrent. Ils ont d’ailleurs accueilli très positivement cette proposition, quelles que soient leurs sensibilités politiques. Nous devons casser le phénomène migratoire à Mayotte, au risque d’un effondrement des services publics sur l’île », plaide-t-il dans cet entretien.Mayotte est un département français au cœur de l’archipel très pauvre des Comores. « Des familles y circulent et arrivent en France, via Mayotte, où elles ont accès à des prestations complètement décorrélées de la réalité socio-économique de l’archipel », juge-t-il. « Mayotte est la première maternité de France, avec des femmes qui viennent y accoucher pour faire des petits Français. Objectivement, il faut pouvoir répondre à cette situation », affirme-t-il. »A cela s’ajoute un nouveau phénomène, ces derniers mois, compte tenu des difficultés sécuritaires dans la région des Grands Lacs : une arrivée massive de personnes en provenance de Tanzanie et d’autres pays », explique-t-il. Pour « casser ce phénomène migratoire », Emmanuel Macron veut aussi « restreindre l’accès aux droits sociaux pour les personnes en situation irrégulière ».Mais le président assure que « restreindre le droit du sol pour Mayotte ne signifie pas le faire pour le reste du pays », comme le réclament la droite et l’extrême droite. « Je reste très profondément attaché à ce droit pour la France », assure-t-il. Selon lui, cette proposition de révision de la Constitution « n’est pas une attaque à la République indivisible car la Constitution la reconnaît aussi comme plurielle et décentralisée ». « Nous pouvons adapter la Loi fondamentale aux territoires ultramarins : nous l’avons fait pour la Polynésie française, pour la Nouvelle-Calédonie », souligne-t-il.



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Publish date : 2024-02-19 09:03:06

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