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La contrefaçon est un vilain défaut. Mais peut-être serait-il temps que nous autres, Français, apprenions à notre tour à nous inspirer des produits chinois, à commencer par leurs centrales nucléaires ? Certes, l’histoire plaide en faveur de la France, qui a su, dans les années 1970, prendre le tournant du nucléaire civil et bâtir en deux décennies 56 réacteurs. La meilleure réponse au choc pétrolier de 1973, assurant l’indépendance énergétique du pays. A l’époque, la Chine, elle, se réveillait à peine, mais déjà, ses dirigeants lorgnaient nos nouvelles centrales : en 1983, les deux pays signent un accord de coopération pour construire une première tranche dans le sud de la Chine, le fameux contrat de Daya Bay. Li Peng, à l’époque ministre de l’Energie électrique, ne s’y trompe pas : “La France a été le premier pays à entreprendre des négociations avec la Chine sur un projet de centrale nucléaire, le premier à vouloir nous vendre des réacteurs et le premier à se déclarer prêt à nous transférer sa technologie sans contrôle ultérieur de son utilisation.” (1)Cinq décennies plus tard, la Chine a plus que rattrapé son retard. A la tête d’un parc nucléaire équivalent à celui de la France, elle a dans ses cartons 36 futurs réacteurs, dont 11 annoncés par Pékin l’été dernier. Côté prix, le nucléaire rouge est imbattable : un tiers du coût tricolore. Quant aux délais de construction, ils sont divisés par deux voire trois, la Chine se vantant de construire un réacteur en cinquante-six mois.”Pas d’alternative”Mais comment font-ils ? C’est précisément cette recette chinoise que la France doit copier si elle veut relancer son industrie nucléaire, encalminée à la suite d’une une série de fautes politiques (voir page 25). Une recette qui tient en un mot : la standardisation. Tant pis pour nos ingénieurs férus de modèles à exemplaire unique, de type Flamanville. Il est urgent de fabriquer des centrales en série, comme le font les Chinois avec leur modèle Hualong-1, afin d’abaisser les coûts.Le conseil de politique nucléaire français du 19 mars devrait acter les principes de cette relance du nucléaire, annoncée il y a trois ans par Emmanuel Macron. Le feu vert du gouvernement ne devrait pas intervenir avant fin 2026, le temps pour EDF et l’Etat de toper sur la facture des six prochains EPR, leur financement et les tarifs de l’électricité. Est-ce trop tard ? Oui, si on avait écouté les politiques qui voulaient fermer une douzaine de centrales d’ici à 2032. Un enterrement de première classe de l’atome civil tricolore. Désormais, après l’erreur de Fessenheim, l’heure est non seulement au maintien mais à la prolongation du parc actuel, bien au-delà des quarante ans prévus. En attendant la mise en service des futurs EPR en série. Ne rêvons pas : après l’accident de Fukushima, il n’y aura jamais de nucléaire low cost. Mais, comme l’admet un spécialiste, “le nucléaire produit une électricité massive, fiable et totalement décarbonée : il n’y a pas d’alternative aujourd’hui. On peut essayer de brancher un data center sur un parc éolien ou un parc solaire : ça ne marchera jamais”.(1) Li Peng, en mars 1984, Du démarrage au développement. Journal électronucléaire de Li Peng (Editions Xinhua, Pékin, 2004).



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Author : Eric Chol

Publish date : 2025-02-27 06:30:00

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