L’Express

Agriculteurs : 15 personnes en garde à vue, après avoir été interpellées près de Rungis

Le convoi de tracteurs de la CR47 (Coordination rurale 47) en direction de Paris est bloqué par les forces de l'ordre à Sully-sur-Loire, près d'Orléans, le 31 janvier 2024, alors qu'il s'apprête à bloquer le marché de Rungis, en banlieue parisienne.




Malgré les tentatives de l’exécutif de calmer la mobilisation, les agriculteurs se rapprochent de Paris, mercredi 31 janvier, et du marché de gros de Rungis, poumon alimentaire de la capitale, qu’ils souhaitent bloquer. Une centaine de points de blocages et 10 000 manifestants ont été recensés. Du côté de l’exécutif, le ministre de l’Agriculture, Marc Fesneau, est attendu mercredi après-midi à Bruxelles pour « pour une série d’entretiens visant à accélérer le traitement des urgences européennes », a indiqué son cabinet.Les infos à retenir⇒ Le convoi d’agriculteurs vers Rungis en partie bloqué dans le Loiret⇒ Gabriel Attal a reçu la Confédération paysanne et la Coordination rurale⇒ Bruxelles propose une dérogation « partielle » sur les jachères pour 202415 personnes en garde à vue, après avoir été interpellées près de RungisQuinze personnes se trouvent ce mercredi en garde à vue après avoir été interpellées pour « entrave à la circulation » près du marché de Rungis, en Ile-de-France, que les agriculteurs en colère, réunis en convoi, menacent d’investir, ont indiqué des sources policières et le parquet. »Conformément aux instructions du préfet de police, la ligne rouge de tentative de blocage de Rungis ayant été franchie, 18 personnes ont été interpellées », a indiqué à l’AFP la préfecture de police. Quinze d’entre elles ont été placées en garde à vue pour « entrave à la circulation », a précisé le parquet de Créteil.Il y a en France mercredi « plus de 100 points de blocage » et 10 000 manifestants, a chiffré le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin tôt mercredi matin. « Ils ne s’en prennent pas aux forces de l’ordre, ils n’entrent pas dans Rungis (…) Mais si jamais ils devaient le faire, évidemment je le répète, nous ne laisserions pas faire », a-t-il ajouté.Le convoi d’agriculteurs vers Rungis en partie bloqué dans le LoiretLe convoi d’agriculteurs parti du Sud-Ouest à l’appel de la Coordination rurale, qui avait repris la route en direction du marché de gros de Rungis (Val-de-Marne) mercredi matin, était en partie bloqué dans le Loiret en fin de matinée, a constaté un journaliste de l’AFP.A Sully-sur-Loire, une vingtaine de tracteurs étaient arrêtés avant le pont qui enjambe la Loire par un cordon de gendarmes mobiles. Les ponts de Jargeau, Châteauneuf-sur-Loire, Sully-sur-Loire et Gien sont bloqués, a précisé à l’AFP la gendarmerie, en ajoutant qu’une trentaine de tracteurs remontaient en direction de Pithiviers après avoir forcé le passage à Gien dans la matinée.Sur place, la préfète de la région Centre-Val de Loire et du Loiret Sophie Brocas a indiqué à l’AFP « attendre la conclusion » d’une réunion qui se tient selon elle depuis 11H30 à Matignon avec des responsables de la Coordination rurale. « On va avancer pas à pas, je ne souhaite pas d’affrontement. Rungis est la plateforme qui alimente un bassin de vie de 12 millions de personnes, Rungis c’est non. Les préfets du Lot-et-Garonne et de Dordogne les ont prévenus et je leur ai redit », a-t-elle ajouté.Attal a reçu la Confédération paysanne et la Coordination ruraleGabriel Attal a reçu mercredi matin à Matignon les représentants de la Confédération paysanne, troisième syndicat agricole, et de la Coordination rurale, deuxième syndicat, alors que la mobilisation des agriculteurs se poursuit, selon une source au sein de l’exécutif.Le Premier ministre « poursuit le dialogue » avec les syndicats : il a reçu à 10H la porte-parole de la Confédération paysanne, Laurence Marandola, puis à 11H30 la présidente de la Coordination rurale, Véronique Le Floc’h, après avoir échangé longuement avec le syndicat majoritaire FNSEA lundi soir et mardi soir. « Le reste des annonces va se jouer au niveau européen », a précisé cette source, alors qu’Emmanuel Macron doit participer à un sommet européen jeudi.Le président de la FNSEA appelle « au calme et à la raison »Auditionné au Sénat, le président de la FNSEA Arnaud Rousseau a affirmé qu’il essayait « d’appeler au calme et à la raison » face à la colère des agriculteurs.Alors que des blocages se poursuivent dans toute la France, M. Rousseau a reconnu que « l’attente est énorme » face au « cumul de normes et de règles ». Mais « il y a aussi beaucoup de sujets européens qui ne sont pas des sujets qui se règlent en trois jours », a-t-il expliqué devant la Commission des Affaires économiques de la chambre haute.Bruxelles propose une dérogation « partielle » sur les jachères et des limitations sur les importations d’UkraineLa Commission européenne a proposé mercredi d’accorder pour 2024 une dérogation « partielle » aux obligations de jachères imposées par la Politique agricole commune (PAC), qui cristallisent ces dernières semaines la grogne des agriculteurs à travers l’Europe. Une dérogation avait déjà été accordée en 2023 pour cette règle imposant de laisser au moins 4% des terres arables en jachères ou surfaces non-productives. Cette obligation serait suspendue pour 2024, à condition que les agriculteurs atteignent 7% de cultures intermédiaires ou fixatrices d’azote, précise l’exécutif européen. Un assouplissement réclamé par une majorité des Etats membres, dont la France.Toujours ce mercredi, la Commission européenne a également proposé de reconduire à partir de juin l’exemption de droits de douane dont bénéficient les produits agricoles entrant dans l’UE, en l’assortissant de « mesures de sauvegarde » pour limiter les volumes des produits les plus sensibles. Ces « mécanismes renforcés » permettront d’adopter « des mesures correctives rapides » en cas de perturbations importantes sur le marché européen, y compris si elles sont localisées. Pour certains produits – volaille, œufs et sucre – un « frein d’urgence » est prévu pour « stabiliser » les importations aux volumes moyens importés en 2022 et 2023. Niveaux au-delà desquels des droits de douane seraient réimposés, a indiqué l’exécutif européen.80 millions pour les viticulteursLe ministre de l’Agriculture a annoncé mercredi matin sur Sud Radio que le gouvernement allait débloquer 80 millions d’euros pour soutenir « l’ensemble des régions viticoles qui sont en crise ».Marc Fesneau a également déclaré que l’Etat prendrait en charge « les intérêts d’emprunt sur l’année 2024 » pour soulager la trésorerie des vignerons en difficulté.Marc Fesneau en visite à BruxellesLe Premier ministre, Gabriel Attal, a assuré mardi qu’il devait y « avoir une exception agricole française » et promis que le gouvernement serait « au rendez-vous, sans aucune ambiguïté » pour répondre à la crise agricole actuelle, dans son discours de politique générale devant l’Assemblée nationale. Le ministre de l’Agriculture, Marc Fesneau, est attendu mercredi après-midi à Bruxelles « pour une série d’entretiens visant à accélérer le traitement des urgences européennes », a indiqué son cabinet mardi.Mercredi, le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, a promis que la France s’engagerait dans un « bras de fer » lors des négociations à Bruxelles pour que l’accord UE-Mercosur (Brésil, Argentine, Uruguay, Paraguay) « tel qu’il est aujourd’hui ne soit pas signé ». « Cet accord Mercosur, tel qu’il est, il n’est pas bon pour nos éleveurs », a promis le ministre sur CNews et Europe 1, alors que la France est secouée depuis bientôt deux semaines par des mobilisations d’agriculteurs en colère.Rappelant que la crise agricole ne serait pas réglée « en quelques jours », Gabriel Attal s’est dit prêt à « aller plus loin », promettant par exemple que les aides européennes de la Politique agricole commune (PAC) seraient versées « d’ici le 15 mars » et des aides fiscales supplémentaires pour les éleveurs. Reçus mardi soir à Matignon pendant près de trois heures, la FNSEA et les Jeunes agriculteurs ne se sont pas prononcés publiquement sur les derniers engagements de l’exécutif.Le président Emmanuel Macron, lors d’une visite d’Etat en Suède, s’est de son côté engagé à défendre plusieurs revendications des agriculteurs français à Bruxelles, sur l’Ukraine, les jachères et l’accord commercial avec les pays latino-américains du Mercosur.Négociations difficiles sur les prixLes négociations commerciales entre la grande distribution et ses fournisseurs agro-industriels sur les prix en rayons s’achèvent mercredi soir dans une ambiance tendue, en raison du mouvement de colère des agriculteurs. Lors de son discours de politique générale à l’Assemblée nationale mardi, Gabriel Attal a mentionné la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), dont les inspecteurs doivent s’assurer que les contrats signés avant mercredi minuit entre la grande distribution et ses fournisseurs agro-industriels respectent le cadre légal. « Dès la semaine dernière, 100 inspecteurs de la DGCCRF supplémentaires ont commencé leurs contrôles sur le terrain, qui seront deux fois plus nombreux qu’auparavant », a-t-il notamment déclaré, évoquant « une vague de contrôles sans précédent ».Chaque année, les négociations commerciales ont lieu entre les entreprises agroalimentaires (du petit producteur de charcuterie aux géants Unilever, Nestlé ou Coca-Cola) et leurs clients supermarchés (E.Leclerc, Carrefour, Intermarché ou Système U). Ils doivent s’accorder sur les conditions de vente d’une large part des produits vendus en grandes surfaces le reste de l’année. Certaines organisations, à commencer par la FNSEA, ont reproché au gouvernement de trop se concentrer sur la lutte contre la flambée des prix dans les rayons des supermarchés, plutôt qu’à la préservation du revenu des agriculteur.



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Publish date : 2024-01-31 14:43:23

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